La mangrove disparaît
à un rythme alarmant

EN 25 ANS,
20% DE LA MANGROVE
A DISPARU

(Entre 1980 et 2005)

Et ça n’est pas réjouissant ! En effet, cette forêt sur pilotis est un excellent stabilisateur des lignes de côte et sa dégradation met en danger la biodiversité et les hommes.

Sans elle, on se prive d’une barrière naturelle face aux vagues et aux courants générés par les cyclones, les tsunamis et la montée des océans. On allonge aussi le temps que l’écosystème met à se remettre de ses blessures.

Défrichage
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de la mangrove indonésienne
a été détruite pendant les

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notamment à cause de la culture de crevettes en bassins dans la mangrove(1)

Pour certains habitants vivant près des côtes, la mangrove prend beaucoup trop de place. De fait, elle est rasée, souvent illégalement, pour libérer un espace ensuite utilisé pour l’élevage intensif de crevettes ou pour faire pousser des palmiers à huile. Des exploitations très nocives pour l’environnement puisque, pour contrôler la qualité de l’eau et soigner les poissons, on utilise des produits chimiques… un boulot que la mangrove faisait (très bien) naturellement.

Surexploitation (coupe et pêche)

La mangrove représente une véritable mine d’or pour les communautés locales qui exploitent ses ressources …parfois plus que ce que l’écosystème peut supporter. En effet, ses branches sont coupées pour servir de bois de chauffe ; de charbon de bois pour la cuisson ; d’extraction de sel ; de matériel de construction mais aussi et surtout pour y installer des bassins de cultures de crevettes.

De plus, la pêche, trop importante, met en péril la biodiversité et l’équilibre de tout cet écosystème.

Or, on ne peut pas dévaliser ce grand magasin naturel sans en payer le prix…

Pollution
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des déchets ne sont pas ramassés en Indonésie et les résidus plastiques finissent souvent dans les cours d’eau(2)

Comme malheureusement partout ailleurs, la mangrove subit les assauts de la pollution. D’abord par macro et micro-déchets (issus des sacs plastiques, emballages, etc.) qui étouffent les plantes mais aussi à cause des barrages et d’autres détournements d’eau qui diminuent la quantité d’eau des rivières et empêchent les sédiments de descendre la rivière pour servir de sol aux mangroves.

A cela s’ajoutent les fuites de pétroles qui peuvent venir des bateaux ou des pipelines (des grands tuyaux qui transportent le pétrole), une marée mortelle pour les palétuviers. En effet, cette huile lourde et visqueuse recouvre les pores des arbres. En fait, c’est comme si on vous bouchait les narines avec du goudron ! Il faut savoir qu’en temps normal, les palétuviers arrivent à filtrer 90% du sel qu’ils aspirent (3). Sauf que les matières toxiques du pétrole abîment ce système-là et donc le sel, qui n’est plus aussi bien filtré, affecte la plante !

Disparition du récif
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des récifs coralliens mondiaux a déjà subi des dégâts irréversibles.

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sont gravement menacés(4)

La mangrove et le récif corallien forment une fantastique équipe et le meilleur duo de super-héros biologiques. Le récif corallien réduit la force des vagues, lesquelles peuvent détériorer les mangroves si celles-ci sont trop fortes. En contrepartie, la mangrove filtre l’eau qui maintient les coraux en bonne santé. Elle sert aussi de zone de ponte et d’abris pour permettre aux petits poissons de se développer assez pour rejoindre ensuite le récif de corail. La force de ces deux écosystèmes repose aussi sur l’incroyable diversité des espèces qui y vivent. Aujourd’hui, le corail est menacé par la pêche à la dynamite ; le réchauffement des océans ; le tourisme de masse, etc. Or, ce qui menace un de nos super-héros affaiblit l’autre, fragilisant ainsi les deux écosystèmes à la fois. Et lorsque la diversité de la faune corallienne fait l’objet de menaces ou de disparition, c’est la biodiversité de la mangrove qui est réduite aussi.

Montée des eaux

La vitesse d’élévation des océans est

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plus rapide entre 2004 et 2015 qu’entre 1993 et 2004(5)

La montée des eaux n’effraie nullement les palétuviers, ils affrontent la marée au quotidien. Non, ce qu’ils craignent c’est qu’ils n’aient pas la place pour fuir cette montée. La mangrove voit les savanes ou les forêts marécageuses comme des lointains cousins qu’elle peut remplacer. Le problème, c’est lorsque l’espace autour d’elle est urbanisé, obstrué par des routes, des parkings, etc. Alors elle se retrouve cernée, elle ne peut pas se déplacer…enfin se déplacer… bien sûr, les arbres ne se déplacent pas ! Ce sont leurs enfants (les graines) qui colonisent les nouvelles terres qui sont adaptés à leurs besoins. Et il leur sera bien dur de grandir dans du béton ou dans des fonds marins

Dérèglement climatique

A l’échelle mondiale,

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du carbone emprisonné dans la mangrove a été perdu entre 2000 et 2012.

Le futur de la planète entière, faune comme flore, dépend du dérèglement climatique et la mangrove le sait bien. En effet, ce dernier est à l’origine de l’augmentation des températures mais également de l’augmentation de la fréquence d’événements extrêmes comme les cyclones ou les sécheresses. Soit autant d’assauts qui risqueraient de faire tomber cette fragile forteresse qu’est l’écosystème de la mangrove.

Or, il ne s’agit pas uniquement d’une forteresse qui protège, elle est aussi une forteresse qui retient, car une fois détruite, la mangrove libère le carbone qu’elle emprisonnait jusqu’alors, dans des proportions parfois très importantes.

Par exemple, la mangrove détruite entre 2000 et 2012 aurait émis autant de carbone que si l’on avait rejeté environ 316 millions de tonnes de CO2(6) Pour donner un ordre d’idée, c’est presque autant que les émissions de CO2 du Royaume-Uni en 2016. Cela donne deux fois plus de bonnes raisons de la garder en vie, voire même de la chouchouter !

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